Certains, certaines d’entre vous, dérapent sur le verglas au nord de la Loire.
Moi, je dors à la belle étoile.
Cependant, je ne voudrais pas que vous fantasmiez sur ma félicité nocturne. En effet, dormir à la belle étoile à Agadez (Az en abrégé), c’est avant tout se mettre en situation de profiter d’un peu de fraîcheur réparatrice.
La nuit tombe vers 19h. C’est Orion qui s’impose en premier, immédiatement visible. Deux ou trois heures plus tard, la grande ourse (la belle chamelle pour les Touaregs) pointera le bout de sa truffe à l’horizon. Je vous parle là des rares figures que j’arrive à identifier ; mes connaissances en cartographie stellaires sont en effet très limitées.
Mais la belle étoile, ce n’est pas seulement le spectacle de la voûte céleste, c’est aussi beaucoup de bruits sur terre.
- Quelques coqs doivent vivre sous d’autres fuseaux horaires car ils chantent régulièrement toute la nuit, marquant les heures et les ½ heure, comme le clocher de l’église de Chalou.
Rapide calcul : Agadez = 200.000 habitants (un peu plus, surtout avec les réfugiés venus de l’Aïr ces derniers mois, mais j’arrondis pour faire simple). A 15 personnes par famille, cela fait 13.333 foyers. J’estime qu’un foyer sur trois à un coq, ce qui donne le chiffre respectable de 4.444 coqs en puissance de chanter. 4.444 me semblant un chiffre un peu trop élevé, je divise encore par 4 (coefficient doigt mouillé) ce qui fait 1.111 coqs. Il y a là de quoi sonoriser mes nuits. Je n’ai pas trouvé de statistiques sur Internet pour valider ce chiffre qui n’engage donc que moi.
- Les moustiques vibrionnent autour de la tête, peut-être un ou deux, pas plus, mais cela suffit à me mettre sous pression. Normalement, je veux dire : « en Europe », j’allume la lumière, j’attends que la bête se pose sur un mur, et, d’un coup d’oreiller rageur, je trucide le provocateur. Mais ici, - je vous rappelle que je suis à la belle étoile -, pas de lumière et pas de mur. Reste la moustiquaire me direz-vous. Bien sur, j’en ai une dans le sac, mais je n’ai pas le bras assez long pour l’accrocher au plafond étoilé.
- Les chiens, quasiment inexistants le jour, revivent la nuit. Je ne souviens pas avoir vu un chien sur ses pattes de jour. Ils sont tous avachis (question : un chien peut-il être avachi ?), leur couleur café au lait se confondant avec celle du sol. Les conversations canines, nocturnes et prolongées me font savoir qu’ils n’ont pas tous crevé de soif.
- Les ânes et les mulets, muets le jour, le sont aussi la nuit. Discrets, disponibles, têtus, ils s’endorment un peu n’importe où dans les rues. En moto ou en voiture, il faut les contourner car ils ne bougeront pas.
- Une chèvre a chevroté ; une seule, une fois. Peut-être un cauchemar de chèvre ? Question : que peut être un cauchemar de chèvre à Az ? Ne plus trouver ne serait-ce qu’un bout de carton à mâcher dans les rues ?
- Dans le ciel, les étoiles continuent leur ballet. La belle chamelle, selon le Kama Sutra tropical, prend des positions que la grande ourse n’a jamais imaginé sous nos latitudes.
- Et puis il y a les satellites. Ils traversent le ciel avec régularité : les états-uniens, les chinois, les russes, quelques français ; au milieu de toutes ces étoiles, les satellites israéliens sont plus difficiles à identifier. D’autres me resteront inconnus.
Les satellites que je vois clignotent ; je me demande bien pourquoi. A quoi cela peut-il servir qu’un satellite ait des clignotants ? Je suppose que leur trajectoire est rigoureusement calculée pour ne pas croiser une autre trajectoire, qu’ils n’ont pas à indiquer avoir à tourner à gauche ou à droite. Alors ? Encore une question sans réponse.
- Et puis la fraîcheur de la nuit arrive enfin, entre 3h et 5h, juste avant les premières prières des Muezzins. Cette fraîcheur fait du bien, mais point trop n’en faut. Fraîcheur, oui, frisquet, ce n’est pas ce que je demande. Je me recroqueville, m’interroge : duvet ou pas duvet ? Décision difficile à prendre en cette heure matinale.
- Tout là-haut, la belle chamelle se retrouve sur le dos ; un missionnaire passe.
La nuit s’achève, le jour se lève.
Alors, verglas ou belle étoile ?
lundi 23 février 2009
samedi 14 février 2009
Solani et mangolo, Salifou et Hamsatou
Solani, c’est le yaourt, pièce essentielle de mon vocabulaire international, même si quelques ennuis intestinaux ne me permettent pas d’en profiter pleinement ces jours ci,
Mangolo, c’est la mangue, la vraie, pas celle qu’on trouve à Carrefour.
Il faut imaginer ces mots prononcés, modulés, chantés presque, par une jeune enfant, Inass par exemple, pour goûter un peu de la magie de l’Afrique.
Salifou et Hamsatou sont des prénoms, tout en rondeurs ; ils sont comme un baume. Comparativement, Pierre est dur, sec, anguleux ; on devine les aspérités.
J’avais préparé ce texte dans le courant de la semaine. A la frappe dans un « cybercafés » d’Agadez, je me dis que je me suis fait un peu de cinéma.
Quand les enfants se chamaillent, que les parents grondent l’un ou l’autre, le ton peut être criard et nasillard chez les femmes et bien rugueux chez les hommes.
Une engueulade ne sa fait pas au caramel mou.
_____________________________
La formation informatique se passe bien : Word le matin, Excel l’après-midi, une trentaine de participants. De 8H à midi et de 15H à 19H. Encore trois jours avant la remise des attestations.
La représentante du consulat de France à Agadez vient de pointer son nez au cybercafé; peut-être viendra-t elle à la cérémonie finale ? Inch-Allah.
Tous mes amis nigériens saluent tous mes amis français.
A+
Mangolo, c’est la mangue, la vraie, pas celle qu’on trouve à Carrefour.
Il faut imaginer ces mots prononcés, modulés, chantés presque, par une jeune enfant, Inass par exemple, pour goûter un peu de la magie de l’Afrique.
Salifou et Hamsatou sont des prénoms, tout en rondeurs ; ils sont comme un baume. Comparativement, Pierre est dur, sec, anguleux ; on devine les aspérités.
J’avais préparé ce texte dans le courant de la semaine. A la frappe dans un « cybercafés » d’Agadez, je me dis que je me suis fait un peu de cinéma.
Quand les enfants se chamaillent, que les parents grondent l’un ou l’autre, le ton peut être criard et nasillard chez les femmes et bien rugueux chez les hommes.
Une engueulade ne sa fait pas au caramel mou.
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La formation informatique se passe bien : Word le matin, Excel l’après-midi, une trentaine de participants. De 8H à midi et de 15H à 19H. Encore trois jours avant la remise des attestations.
La représentante du consulat de France à Agadez vient de pointer son nez au cybercafé; peut-être viendra-t elle à la cérémonie finale ? Inch-Allah.
Tous mes amis nigériens saluent tous mes amis français.
A+
Niamey Agadez, la face noire de l'Afrique
Samedi 7 février : la face noire de l’Afrique
Vendredi, voyage Niamey Agadez, 1000 km environ ; je suis le seul blanc à bord.
Beaucoup de jeunes, 18-25 ans ; un 1er groupe de garçons a pris le bus à Niamey, l’autre, mixte, un peu plus loin sur le trajet ; les filles, plutôt pin-up, comme des jeunes occidentales, belles comme peuvent l’être des jeunes filles en fleur.
Chose curieuse : les deux groupes se parlent en anglais et quand il marchande un bout de viande ou un beignet aux arrêt, c’est en anglais. Je repère quelques mots mais n’y comprend rien, tant l’accent diffère de celui d’Alison (Alison est actuellement mon prof. De prononciation en anglais ; Alison Taylor, but my Taylor isn’t rich).
Au long du parcours, j’avais glané quelques babioles pour alimenter cette chronique mais ce qui c’est passé en fin de parcours les a réduites à l’état de futilités insignifiantes.
Nous sommes dans les derniers 200 km. Depuis quelques temps, nous roulons en convoi sous la protection de la Gendarmerie Nationale car la région sud d’Agadez est réputée peu sure. La route s’est transformée en piste et le bus vibre de tous ses organes ; quel tintamarre ! A côté de cela, le plus vieux des tracteurs d’André est un havre de paix.
Les jeunes du fond se sont mis à chanter, joyeux, enthousiastes. Ça chauffe. Certains, les yeux fermés, sont visiblement pris par leur chant ; ils sont ailleurs. C’est le genre de rencontre imprévue que j’adore en voyage.
Malgré le bruit du bus qui couvre le chant, je me décide à sortir le magnétophone.
Cela fait une bonne ½ heure qu’ils chantent, j’ai pu enregistrer les 12 dernières minutes dont les 3 sur routes goudronnée, donc de meilleure qualité ; je verrai ce que je peux en tirer une fois rentré à Chalou-Moulineux.
Le soleil vient de disparaître à l’horizon. Le convoi s’arrête en rase campagne, tellement rase et sèche dans cette région. Nous attendons des véhicules retardataires. Nous attendrons deux heures sous un superbe clair de lune. Je met à profit ces instants pour parler avec les jeunes.
Le groupe des chanteurs vient du Nigéria : where do you come from ? and where do you go ? Agadez. For work ? Réponse évasive. On parle de Zidane et Thierry Henry; “C’est mon maître » me dit l’un d’eux, bon footballeur au Nigeria selon lui. Il me demande comment se faire prendre au PSG. Comme je ne sais pas pour le PSG, il tente sa chance avec Monaco. J’essaie de lui expliquer dans mon anglais bredouillant que ce n’est pas aussi simple que ça.
L’un d’eux me demande pourquoi je ne vais pas au Nigeria, un pays « si intéressant ». Je lui réponds par une question : « Si le Nigeria est si intéressant, pourquoi le quittez-vous ? ». Ils rient de bon cœur.
Un peu plus tard, à l’extérieur du bus, au clair d’une pleine lune, je discute avec l’autre groupe ; eux viennent du Ghana, ce qui explique les échanges en anglais. Même jeu de questions-réponses. L’un d’eux s’appelle Peter et fait de la photo ; comme je m’appelle Pierre et que je fais de la photo, un ballet des mains et des points qui se cognent celle notre toute jeune complicité. Il m’explique son désir de devenir un grand photographe en Europe et me demande quel pays choisir : Londres, la Belgique, la Grèce (prononcez grease) ?
Peter, un peu plus en confiance, me dit essayer aller en Libye ; il se fait aussitôt reprendre d’un coup de coude discret par son voisin : c’était l’info. à ne pas dire. J’explique que je devine leur projet, rejoindre l’Europe, mais qu’il n’y sont pas attendus à bras ouverts, qu’en France, environ 30.000 étranger ont été refoulés (même si parmi eux, plus de la moitié sont bulgares et roumains).
Le convoi repart. Etrangement, notre chauffeur prend la tête, à 1 ou 2 km devant les véhicules de la gendarmerie ; sommes-nous poisson pilote ou démineur ? Je ne le saurai pas.
J’ai le blues, une grosse boule dans la gorge. Je suis au milieu de ces jeunes, la tête pleine de rêves. J’anticipe pour eux la traversée du désert vers la Libye (les disparus ne sont pas rares, mais, de ceux-là, on ne parle pas en Europe, c’est trop loin de chez nous). J’anticipe la traversée de la mer méditerranée, les embarcations qui chavirent (là, on en parlera en Europe, ça se passe à nos portes), Lampedusa, les camps d’internement au sud de l’Italie ou à Malte, ce que pourraient devenir ces filles …J’imagine la fin d’une histoire qu’ils n’imaginent sans doute pas. C’est à en chialer.
Nous arrivons aux portes d’Agadez. Barrage de police. Deux policiers montent dans le bus, ramassent les passeports, nous font descendre. Les visages des jeunes se sont figés, le teint est terreux sous la lune ; on ne chante plus, on ne rie plus.
D’autres bus du convoi, des jeunes sont aussi descendus pour rejoindre le 1er groupe ; 50 ? 100 au total ?
Rapidement, je récupère mon passeport et remonte dans le bus qui repart. Les jeunes restent sous la garde de la police. Je ne connaîtrai pas la fin de leur histoire.
Dans ma tête, les chants si joyeux, si inconscients, prennent une autre tonalité. Je ne pourrai plus les écouter sans penser au contexte.
21h15. Nous arrivons à Agadez ; Kader m’attend, embrassades, la vie continue.
Vendredi, voyage Niamey Agadez, 1000 km environ ; je suis le seul blanc à bord.
Beaucoup de jeunes, 18-25 ans ; un 1er groupe de garçons a pris le bus à Niamey, l’autre, mixte, un peu plus loin sur le trajet ; les filles, plutôt pin-up, comme des jeunes occidentales, belles comme peuvent l’être des jeunes filles en fleur.
Chose curieuse : les deux groupes se parlent en anglais et quand il marchande un bout de viande ou un beignet aux arrêt, c’est en anglais. Je repère quelques mots mais n’y comprend rien, tant l’accent diffère de celui d’Alison (Alison est actuellement mon prof. De prononciation en anglais ; Alison Taylor, but my Taylor isn’t rich).
Au long du parcours, j’avais glané quelques babioles pour alimenter cette chronique mais ce qui c’est passé en fin de parcours les a réduites à l’état de futilités insignifiantes.
Nous sommes dans les derniers 200 km. Depuis quelques temps, nous roulons en convoi sous la protection de la Gendarmerie Nationale car la région sud d’Agadez est réputée peu sure. La route s’est transformée en piste et le bus vibre de tous ses organes ; quel tintamarre ! A côté de cela, le plus vieux des tracteurs d’André est un havre de paix.
Les jeunes du fond se sont mis à chanter, joyeux, enthousiastes. Ça chauffe. Certains, les yeux fermés, sont visiblement pris par leur chant ; ils sont ailleurs. C’est le genre de rencontre imprévue que j’adore en voyage.
Malgré le bruit du bus qui couvre le chant, je me décide à sortir le magnétophone.
Cela fait une bonne ½ heure qu’ils chantent, j’ai pu enregistrer les 12 dernières minutes dont les 3 sur routes goudronnée, donc de meilleure qualité ; je verrai ce que je peux en tirer une fois rentré à Chalou-Moulineux.
Le soleil vient de disparaître à l’horizon. Le convoi s’arrête en rase campagne, tellement rase et sèche dans cette région. Nous attendons des véhicules retardataires. Nous attendrons deux heures sous un superbe clair de lune. Je met à profit ces instants pour parler avec les jeunes.
Le groupe des chanteurs vient du Nigéria : where do you come from ? and where do you go ? Agadez. For work ? Réponse évasive. On parle de Zidane et Thierry Henry; “C’est mon maître » me dit l’un d’eux, bon footballeur au Nigeria selon lui. Il me demande comment se faire prendre au PSG. Comme je ne sais pas pour le PSG, il tente sa chance avec Monaco. J’essaie de lui expliquer dans mon anglais bredouillant que ce n’est pas aussi simple que ça.
L’un d’eux me demande pourquoi je ne vais pas au Nigeria, un pays « si intéressant ». Je lui réponds par une question : « Si le Nigeria est si intéressant, pourquoi le quittez-vous ? ». Ils rient de bon cœur.
Un peu plus tard, à l’extérieur du bus, au clair d’une pleine lune, je discute avec l’autre groupe ; eux viennent du Ghana, ce qui explique les échanges en anglais. Même jeu de questions-réponses. L’un d’eux s’appelle Peter et fait de la photo ; comme je m’appelle Pierre et que je fais de la photo, un ballet des mains et des points qui se cognent celle notre toute jeune complicité. Il m’explique son désir de devenir un grand photographe en Europe et me demande quel pays choisir : Londres, la Belgique, la Grèce (prononcez grease) ?
Peter, un peu plus en confiance, me dit essayer aller en Libye ; il se fait aussitôt reprendre d’un coup de coude discret par son voisin : c’était l’info. à ne pas dire. J’explique que je devine leur projet, rejoindre l’Europe, mais qu’il n’y sont pas attendus à bras ouverts, qu’en France, environ 30.000 étranger ont été refoulés (même si parmi eux, plus de la moitié sont bulgares et roumains).
Le convoi repart. Etrangement, notre chauffeur prend la tête, à 1 ou 2 km devant les véhicules de la gendarmerie ; sommes-nous poisson pilote ou démineur ? Je ne le saurai pas.
J’ai le blues, une grosse boule dans la gorge. Je suis au milieu de ces jeunes, la tête pleine de rêves. J’anticipe pour eux la traversée du désert vers la Libye (les disparus ne sont pas rares, mais, de ceux-là, on ne parle pas en Europe, c’est trop loin de chez nous). J’anticipe la traversée de la mer méditerranée, les embarcations qui chavirent (là, on en parlera en Europe, ça se passe à nos portes), Lampedusa, les camps d’internement au sud de l’Italie ou à Malte, ce que pourraient devenir ces filles …J’imagine la fin d’une histoire qu’ils n’imaginent sans doute pas. C’est à en chialer.
Nous arrivons aux portes d’Agadez. Barrage de police. Deux policiers montent dans le bus, ramassent les passeports, nous font descendre. Les visages des jeunes se sont figés, le teint est terreux sous la lune ; on ne chante plus, on ne rie plus.
D’autres bus du convoi, des jeunes sont aussi descendus pour rejoindre le 1er groupe ; 50 ? 100 au total ?
Rapidement, je récupère mon passeport et remonte dans le bus qui repart. Les jeunes restent sous la garde de la police. Je ne connaîtrai pas la fin de leur histoire.
Dans ma tête, les chants si joyeux, si inconscients, prennent une autre tonalité. Je ne pourrai plus les écouter sans penser au contexte.
21h15. Nous arrivons à Agadez ; Kader m’attend, embrassades, la vie continue.
jeudi 5 février 2009
Niamey 34 degres a l ombre
Niamey, le 5 février
Avertissement aux lecteurs : attention,
1 - j écris sur un clavier canadien, les touches ne sont pas au même endroit que en France, notamment nos caractères accentues, qui se cachent sous des combinaisons de touche les plus improbables)
2 – je n aurai pas le temps de me relire plusieurs fois.
Conséquence : l’orthographe et le style vont en prendre un coup sévère; soyez donc indulgents et, si cela vous donne des boutons, quittez ce message, je ne voudrai pas vous indisposer.
Vol Roissy-Tripoli-Niamey sans rien de notable; ¾ d heure de retard a l’arrivée, autant dire : rien. L’avion d Afriqiyah Airways (excellente prestation sous un prix low-cost) atterrit vers 23 heures.
Question : en principe, je suis attendu par les personnes avec qui je dois travailler demain, mais je ne les connais que par les courriels que nous avons échangés. Nous sommes nous bien compris (point d interrogation, que je ne trouve pas sur ce clavier, pas plus que l apostrophe et plein d autres choses).
La réponse ne tarde pas. Descente de l’avion; un bus nous amène a l’arrivée de l’aéroport Diory Amany, 1er président du Niger. Quelques militaires forment le comite d’accueil et la, o merveille, l’un deux tient une feuille a mon nom. Je lève la main.
L’adjudant me prend sous son aile, me fais sauter les files d’attente et me remet entre les mains de Salifou et Sylvie, une canadienne.
Un peu plus tard, on se retrouve chez Sylvie autour de boissons fraiches, a deviser comme de vieux amis, a refaire le monde de l’humanitaire et des relations internationales.
Jeudi matin.
J’avais oublie le chant des muezzins dont les 1eres prières haut-parlées traversent la nuit a quatre heures du matin. A Niamey, capitale oblige, ils sont plusieurs a s’exprimer, et, concurrence oblige, a hausser le son plus haut que les confrères. Les coqs se joignent a la partie, la ville se réveille.
9 heure : réunion avec le staff de l EIP-Niger. Un rapprochement avec Takolt Nakaras, l’association de Kader a Agadez, leur semble intéressant, notamment autour de projets de maraichage, compost et pesticide naturel, économie de bois de chauffage, … Il me reste a vendre l’idée a Kader et son équipe.
11 heure : passage a l’ambassade de France pour me faire enregistrer, simple mesure de sécurité. J’essaie d’obtenir un sauf-conduit pour Agadez mais sans succès.
12 heure : je fais un saut chez les Djallami, n’ayant pas la patience d’attendre fin février pour les retrouver. Grandes embrassades avec Mohamed, nous nous retrouvons avec un réel plaisir. L’accueil des enfants est plus réservé, ils font un effort pour me reconnaître. Inass, quatre ans maintenant, n’est plus le bébé que j’ai connu. Il nous faudra refaire connaissance, se re-apprivoiser quand je resterai quelques jours chez eux fin février.
Retrouvailles avec l’Afrique, le Niger, Niamey :
les gros lézards colores qui courent sur les murs, la poussière des latérites aux passages des véhicules, la chaleur brulante ( 34 degrés a l’intérieur) qui sèche la bouche, la gorge et les yeux, cette envie de foncer sous la douche des que l’on lève le petit doigt, le bruit du pilon dans une cours voisine … Je retrouve mes sandales, mes pieds a la peau tendre, rose et fragile.
Jai mon billet pour Agadez, le bus roulera en convoi a partir de Tahoua pour assurer la sécurité.
A+
Avertissement aux lecteurs : attention,
1 - j écris sur un clavier canadien, les touches ne sont pas au même endroit que en France, notamment nos caractères accentues, qui se cachent sous des combinaisons de touche les plus improbables)
2 – je n aurai pas le temps de me relire plusieurs fois.
Conséquence : l’orthographe et le style vont en prendre un coup sévère; soyez donc indulgents et, si cela vous donne des boutons, quittez ce message, je ne voudrai pas vous indisposer.
Vol Roissy-Tripoli-Niamey sans rien de notable; ¾ d heure de retard a l’arrivée, autant dire : rien. L’avion d Afriqiyah Airways (excellente prestation sous un prix low-cost) atterrit vers 23 heures.
Question : en principe, je suis attendu par les personnes avec qui je dois travailler demain, mais je ne les connais que par les courriels que nous avons échangés. Nous sommes nous bien compris (point d interrogation, que je ne trouve pas sur ce clavier, pas plus que l apostrophe et plein d autres choses).
La réponse ne tarde pas. Descente de l’avion; un bus nous amène a l’arrivée de l’aéroport Diory Amany, 1er président du Niger. Quelques militaires forment le comite d’accueil et la, o merveille, l’un deux tient une feuille a mon nom. Je lève la main.
L’adjudant me prend sous son aile, me fais sauter les files d’attente et me remet entre les mains de Salifou et Sylvie, une canadienne.
Un peu plus tard, on se retrouve chez Sylvie autour de boissons fraiches, a deviser comme de vieux amis, a refaire le monde de l’humanitaire et des relations internationales.
Jeudi matin.
J’avais oublie le chant des muezzins dont les 1eres prières haut-parlées traversent la nuit a quatre heures du matin. A Niamey, capitale oblige, ils sont plusieurs a s’exprimer, et, concurrence oblige, a hausser le son plus haut que les confrères. Les coqs se joignent a la partie, la ville se réveille.
9 heure : réunion avec le staff de l EIP-Niger. Un rapprochement avec Takolt Nakaras, l’association de Kader a Agadez, leur semble intéressant, notamment autour de projets de maraichage, compost et pesticide naturel, économie de bois de chauffage, … Il me reste a vendre l’idée a Kader et son équipe.
11 heure : passage a l’ambassade de France pour me faire enregistrer, simple mesure de sécurité. J’essaie d’obtenir un sauf-conduit pour Agadez mais sans succès.
12 heure : je fais un saut chez les Djallami, n’ayant pas la patience d’attendre fin février pour les retrouver. Grandes embrassades avec Mohamed, nous nous retrouvons avec un réel plaisir. L’accueil des enfants est plus réservé, ils font un effort pour me reconnaître. Inass, quatre ans maintenant, n’est plus le bébé que j’ai connu. Il nous faudra refaire connaissance, se re-apprivoiser quand je resterai quelques jours chez eux fin février.
Retrouvailles avec l’Afrique, le Niger, Niamey :
les gros lézards colores qui courent sur les murs, la poussière des latérites aux passages des véhicules, la chaleur brulante ( 34 degrés a l’intérieur) qui sèche la bouche, la gorge et les yeux, cette envie de foncer sous la douche des que l’on lève le petit doigt, le bruit du pilon dans une cours voisine … Je retrouve mes sandales, mes pieds a la peau tendre, rose et fragile.
Jai mon billet pour Agadez, le bus roulera en convoi a partir de Tahoua pour assurer la sécurité.
A+
mardi 3 février 2009
Surprise, surprise.
Agrandir le plan
Quand vous lirez ce message, je serai, pour les plus matinaux d’entre vous, en route pour Roissy-Charles de Gaulle, et pour les moins accros à la messagerie, peut-être déjà arrivé au Niger.
En effet, avant d'aller d'ouest en est à vélo - de l'atlantique à la mer noire -, je vais aller d'est en ouest en bus et train - d'Agadez à Dakar. Au lieu d'aller vers la mer noire, je vais voyager en terre noire seuls les Stéphanois apprécieront pleinement cette dernière phrase).
Comme il n’est pas sur que les infrastructures locales me permettent de vous donner des informations tous les jours, voici les grandes lignes de mon périple.
- Une première journée à Niamey au Niger, pour essayer de mettre au point l’intervention d’une ONG, EIP-Niger, sur Agadez. Cela fait deux ans que je suis en contact avec eux mais sans que nous arrivions à faire avancer nos projets ; j’espère que le contact direct sera plus productif. Le projet porte sur l’utilisation de divers procédés (matériel de cuisson à foyer fermé, stockage, ...) limitant la consommation de bois.
- Une deuxième journée pour rejoindre Agadez en bus. Environ 1.000 km qui vont ressembler à ce diaporama fait à partir de photos prises lors de précédents voyages sur cette même route. (En cliquant sur le diaporama, vous pourrez le voir en plus grand et régler la vitesse de défilement.)
- A Agadez, je vais retrouver Kader et toute sa famille et donner une formation informatique à quelques personnes comme je l'ai déjà fait en 2007.
![]() |
- Après la mi-février, retour sur Niamey où je serai accueilli par la famille Djallami. Ça sera une très grande joie de retrouver Hadizatou et Mohamed, ainsi que leurs enfants, Amane, Fanna et Innas.
![]() |
- Et puis je continuerai mon périple vers Dakar, le finistère africain : par Ouagadougou au Burkina-Faso, Bamako au Mali, en bus. Et Bamako-Dakar en train si ce dernier circule. Concernant ce train mythique (description assez technique) de l’ouest africain (l'article à lire), les infos glanées sur le net sont contradictoires : un jour, il roule, un autre jour, il ne roule pas.
Extraits de lectures trouvées sur les forums, brut de fonderie :
« Le train Bamako-Dakar est une aventure, 52 heures annoncées mais rarement moins de 72 heures (à ce que j'ai entendu). Je ne sais pas si cela a changer (2004) mais quand j'avais pris le train de Bamako, il y avait un traffic de ticket, les tickets n'étaient dispo que sur le marché noir à une fois et demi plus cher que le prix annoncé. L ligne directe Bamako - Dakar était aussi suspendu ce qui fait que j'ai prix le train de Bamako à Kayes (au Mali tjrs) et de Kayes il y a des cars pour Dakar. Mais c une aventure à vivre. »
« Les sénégalais et maliens qui font souvent cette liaison, utilisent beaucoup plus le bus 48h (neuf et climatisé). La compagnie GANA Transport est une valeur sûre. Il semble d'ailleurs que le train ne fonctionnait plus que pour les marchandises. Je me renseignerai demain pour être sûre. De toute façon, ils disent qu'il y a beaucoup de vols dans le train. Soyez vigilant.
Le seul inconvénient avec les bus, c'est le racket à chaque poste de police d'un territoire à l'autre.
Bonne arrivée parmi nous »
« pour manger c simple , le train s'arrete pleins de fois ,a chaque arret tu rencontrera des milliers de vendeurs de fruits , du pain et pleins de boissons genre bissap etc... aussi le train s'arrete a "toukouto" ,sur toute la longueur ,tout le monde descend acheter un plat de riz et accompagnement au choix , poisson , viande , sauce , il faut vite remonter dans le train , tu mangeras ton plat traquillement dans le train et c au prochain arret que tu rends ton assiete , un jeune homme te le reclamera ,t'inquiete pas c hyper bien organiser.
un bon conseil, ne t'eloigne jamais de ton sac surtout quand tu descendras du train pour les formalites policieres a la frontiere, des fois ça prend beaucoup de temp ,tes papeirs d'identité garde les sur toi!!!
j'ai pris le train pleins de fois ,attention c une grande aventure tu vas surement apprecier , c different de tout ce que tu as connu. »
« bonjour, oui oui moi j'l'ai pris ce train mais jusqu'à kita, c'est folklo!!!
en effet le voyage est trés long, les arrets fréquents même en pleine brousse, c'est assez hallucinant
et puis le train repart et...haaaaaa tout le monde se met à crier, le train se ré arrete: le petit garçon de la mamn n'avait pas eu le temps de descendre!!! folklo j'vous dis!
on était en 2 ème classe:un peu les uns sur les autres les pieds sur les bagages, les coqs sur les portes bagages, et prévoir d'aller chez l'habitants utiliser les toilettes aux arrets dans les villages car toilettes inutilisables dans le train!!!
il ne faut pas dormir, même les africains vous le dirons; y'a des "bandits" sur le toit qui attendent la nuit pour descendre et voler
quand on s'endormait avec ma copine, les voisins nous secouaient: "y faut pas dormir!!!"
mais c'est une expérience à vivre, c'est riche, c'est incroyable, tu ne vivras pas ça ailleurs!
heu pas la peine de prévoir à manger: des mamas sont là à chaque arrets meme dans la brousse avec des choses à proposer pour se remplir l'estomac; si tu crainds de boire l'eau dans les sachets plastiques, prévois des bouteilles d'eau!
bon bon voyage!!! »
Ça fait envie, n’est-ce-pas ? Et encore je ne vous ai pas tout mis. Pour ceux qui en veulent plus, taper « train bamako dakar » dans votre moteur de recherche ; les réponses ne manquent pas.
Et que les frère et soeur, les neveux et nièces n’affolent pas ma chère maman inutilement en leur parlant de ce voyage ; après tout, peut-être que tout cela me semblera long, ennuyeux et poussiéreux.
- Donc, si tout va bien, me voilà à Dakar, vivant, et avec tous mes bagages, pour un autre stage d’informatique, avec l’association WARANKA cette fois.
- Retour en France prévu vers le 11 mars.
Voilà le programme des prochaines semaines. J’essaierai de vous tenir informer tout au long du séjour.
A+
mercredi 28 janvier 2009
petite névrose de la vie quotidienne
Pierre Desproges n'appréciait "rien tant que cet instant trop éphémère hélas où [sa] montre à quartz indiquait 11h11 » - orgasme assuré jusqu’à 11h12. Les lignes bien parallèles de son zèbre le réjouissaient tout autant.
J’ai ce point commun avec lui, ce n’est pas le seul d’ailleurs, que les belles symétries, les ordres parfaits, les chiffres ronds me font vibrer.
Ainsi, quand le radioréveil de la chambre indique 22h22, ou quand le compteur kilométrique de la voiture affiche quelque chose du genre 123321, j'exulte, en mon for intérieur rassurez-vous.
Récemment, et coup sur coup, j’ai frisé l’extase : le compteur de la R5 a indiqué 199991 et, peu après, 200002, photos à l’appui. Moments exceptionnels ! Le pied, je vous dis.
J’eusse aimé prendre en photo la bascule de 199999 vers 200000, quand tous les chiffres se décalent progressivement, mais l’événement s’est passé entre Montdésir et Etampes sur la N20, juste devant la base militaire des radars de l’armée de l’air. Je me voyais mal arrêter la voiture devant l’entrée du camp et sortir mon appareil photo ; à tous les coups, je me retrouvais avec la police militaire sur le dos ; et je pense que je n’aurai pas été très crédible avec mes explications de petite névrose quotidienne.
Peut-être aurai-je pu appeler Pierre Desproges au secours ?
Décidemment, ce blog part dans toutes les directions !
PS Ceux qui ont eu des difficultés à visionner la vidéo dans le message précédent peuvent refaire une tentative en allant la voir directement sur le blog (lien ci-dessous); suite aux nombreuses remarques qui me sont parvenues, j'ai modifié un paramètre et cela devrait améliorer les choses.
J’ai ce point commun avec lui, ce n’est pas le seul d’ailleurs, que les belles symétries, les ordres parfaits, les chiffres ronds me font vibrer.
Ainsi, quand le radioréveil de la chambre indique 22h22, ou quand le compteur kilométrique de la voiture affiche quelque chose du genre 123321, j'exulte, en mon for intérieur rassurez-vous.
Récemment, et coup sur coup, j’ai frisé l’extase : le compteur de la R5 a indiqué 199991 et, peu après, 200002, photos à l’appui. Moments exceptionnels ! Le pied, je vous dis.
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J’eusse aimé prendre en photo la bascule de 199999 vers 200000, quand tous les chiffres se décalent progressivement, mais l’événement s’est passé entre Montdésir et Etampes sur la N20, juste devant la base militaire des radars de l’armée de l’air. Je me voyais mal arrêter la voiture devant l’entrée du camp et sortir mon appareil photo ; à tous les coups, je me retrouvais avec la police militaire sur le dos ; et je pense que je n’aurai pas été très crédible avec mes explications de petite névrose quotidienne.
Peut-être aurai-je pu appeler Pierre Desproges au secours ?
Décidemment, ce blog part dans toutes les directions !
PS Ceux qui ont eu des difficultés à visionner la vidéo dans le message précédent peuvent refaire une tentative en allant la voir directement sur le blog (lien ci-dessous); suite aux nombreuses remarques qui me sont parvenues, j'ai modifié un paramètre et cela devrait améliorer les choses.
samedi 24 janvier 2009
Jeux avec la lumière

J'ai essayé de réaliser et mettre une vidéo dans ce blog.
Déjà, il faut disposer des outils adéquats pour transformer quelques photos en vidéo, faire une bande-son de la bonne longueur, synchroniser images et son…. Et puis envoyer le tout à You Tube qui me dit depuis plus de 12 heures que ma vidéo est "en cours de traitement, veuillez patienter". Je ne patiente plus et j'ai donc trouvé un autre site pour l'hébergement.
Faire cela à la maison, confortablement installé, avec tout le temps que laisse une météo inamicale, n'est pas simple puisqu'en fin de compte la vidéo n'apparaît pas dans le blog mais uniquement dans ce message. Aussi, je ne m'imagine pas jongler avec ce genre de techniques dans quelques mois en fin d'une journée pédalée.
Il me faudra m'en tenir à des choses rustiques, éprouvées, maîtrisées, rapides à mettre en œuvre, à la taille de mes compétences et des moyens informatiques disponibles : vous devrez sans doute vous contenter d'un diaporama basique des photos du jour.
Voici donc cette petite vidéo réalisée avec quelques photos d'arc-en-ciel, sans ciel car prises au pied d'une cascade en Islande l'été dernier.
Si vous voulez voir la vidéo en haute définition, cliquer sur l'image, puis sur le bouton "HD is OFF" en haut à droite, enfin sur le gros bouton HD.
Un trèfle à quatre feuilles dans la barre du bas, à droite, vous permet d'agrandir l'image à la taille de l'écran.
Et si la vidéo ne marche pas chez vous (et oui, ça arrive que votre machine ne soit pas compatible avec les joujoux foireux que je vous envoie), essayez cette adresse.
Un peu compliqué tout cela, n'est-il pas ? Raison supplémentaire pour en rester aux choses simples.
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Pendant que je rédigeais ce message, que j'étais à l'affut des fautes d’orthographe, de syntaxe et autres lourdeurs de style, You Tube m’a signalé que ma vidéo était - enfin - disponible. Je la regarde donc : grande déception. La qualité est déplorable : très peu de définition, manque de fluidité. Je reste donc chez l’autre hébergeur (Viméo). Ce n’est pas parfait pour autant car l’image est tronquée ; il y a sans doute un paramètre ou une case à cocher ou un choix de format qui m’a échappé. Mais j'en reste là car je n'utiliserai pas la vidéo dans le cadre de ce blog.
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Et puis je vous rappelle qu'une surprise vous attend début février. Quel indice puis-je mettre qui vous donne à penser sans vous permettre de trouver ?
Je vais chercher.
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